Lou Salomé, notre merveille....

Du 13 au 15 septembre 1998 (suite)








CHU Morvan







Nous arrivons dans le service un peu après 23 heures. Marie-Cécile nous accueille; elle s'habille de pied en cap et nous demande de sortir. Sur le moment, nous ne comprenons pas bien, mais c'est bien la première et dernière fois qu'on nous demandera de sortir pour brancher Lou Salomé! Voilà, la perfusion est posée et Etienne l'interne examine notre Bichon avec patience et gentillesse. Lou Salomé n'en est pas encore au stade où elle rigolera dès qu'on la touche pour l'examiner; elle est encore très craintive et pleure facilement, ne veut pas montrer sa bouche, craint qu'on lui fasse mal.
Etienne décide d'une première phase d'observation. En effet, nous sommes exactement à 500 blancs mais pas en-dessous, seuil fatidique pour démarrer les antibiotiques. On va refaire une numération, une CRP, une hémoculture, et surveiller la température.
Bon, il n'y a plus qu'à installer le lit d'accompagnant; une fois qu'il est déplié, on ne peut quasiment plus bouger! Il est vraiment très tard maintenant, et plus que temps de dormir. Un bisou-câlin à Papa chéri, un bisou à Papy qui n'en mène pas large, le pauvre, et hop, au dodo, main dans la main...

Au matin, Papa et Papy arrivent de bonne heure. Maman peut rentrer prendre sa douche; Mamoune, déjà prévenue, sera vite là pour la toilette avec les aide-soignantes. Nous en sommes encore au stade où nous prévenons tout le monde quand nous partons à l'hôpital. La tendance va très vite s'inverser, bientôt, nous préviendrons plutôt de nos éventuels séjours à la maison !

Lou Salomé, propre et habillée, veut aller à la salle de jeu. Nous n'en revenons pas ! Cela signifie qu'elle s'habitue au monde de l'hôpital, et surtout qu'elle est complètement sortie de sa phase de dépression. Notre présence à ses côtés nuit et jour la rassure totalement.

Nous voilà dans les couloirs, Lou Salomé sait maintenant tenir "bidule", elle en prend même grand soin. Mais au bout de quelques mètres, nous apercevons "Tonton Le Fur" qui nous fait de grands signes : "Non, non, Lou Salomé, il ne faut pas aller dans les couloirs, c'est plein de microbes. Retourne dans ta chambre ! "...Ah non, pas ça ! Pour une fois qu'elle veut bien aller jouer, on lui interdit la salle de jeu ! C'est désespérant ...

C'est surtout profondément injuste. Lorsqu'elle pouvait profiter de tous les équipements à Curie, elle n'était pas en état de le faire, ni physiquement, ni psychologiquement. Maintenant qu'elle est à nouveau en état de jouer (et le fait qu'elle le demande est une émouvante victoire pour nous, qui emplit de joie nos coeurs ratatinés de parents impuissants), maintenant qu'elle s'ouvre à la vie et aux plaisirs simples de son âge, car quand même, depuis quinze jours, elle ne sait plus ce que veut dire avoir 3 ans, à ce moment-là on lui dit : non, c'est interdit, tu n'as pas le droit d'aller jouer comme une petite fille normale.

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