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Et nous retrouvons le quotidien de ces chimios avec son manque d'appétit, ses pipis à mesurer et ses nombreuses visites qui nous permettent de respirer un peu. Odile refait le pansement de KT. Ca c'est devenu de la routine et Lou Salomé aime beaucoup y participer tant que les mesures d'asepsie l'autorisent. Nous recevons par la poste sa carte d'invalidité, ça nous fait tout drôle... Dans le couloir, Elisabeth fait une drôle de tête. Maman lui demande si elle a reçu les dernières analyses de moelle. "Justement je voulais vous parler. Je viens de recevoir les résultats. Ce n'est pas bon. La moelle est toujours infestée. Beaucoup..." Pour la n-ième fois, le ciel nous tombe sur la tête... Peut-être même est-ce pire cette fois-ci... Dans le genre douche écossaise, difficile d'imaginer mieux. Rien ne nous est épargné. On croyait être les plus forts, c'est la maladie qui est la plus forte. Plus trace de joie, plus trace de courage. Et combien encore de mois de souffrances à venir pour notre bichon? Et pourquoi est-ce que ça ne marche pas sur la moelle? Nous savons bien que là réside le grand danger de son cancer. Et bien voilà, elles sont toujours là, ces foutues métastases. Aussi nombreuses. Inlassables. Fortes, tellement fortes... C'est ignoble. - Comment se fait-il que les analyses donnent des résultats différents? - Ca arrive, elles ne mesurent pas le même chose. - Et l'inverse aurait pu se produire? Premier type positif, deuxième type négatif? - Oui. On n'y comprend rien... Pourquoi alors ne pas attendre la totalité des résultats pour informer les parents? Oui, mais par ailleurs, comment pratiquer la rétention d'une bonne nouvelle? Si le premier type d'analyses est bon, c'est qu'il y a quand même du progrès. Certes, mais nous aurions préféré ne pas avoir cette fausse joie, c'est trop dur... Papa avait bien raison de ne pas s'emballer: "je te l'avais dit, c'est loin d'être fini". Et oui... C'est Lou Salomé qui va nous redoper. Elle est en pleine forme, elle est belle, elle rit. Débordante de joie, de vitalité, d'amour. Même si "c'est dur les chimios". Elle nous transporte... Comment imaginer, en la voyant si rayonnante, que ce poison a pris possession de son petit corps? Elle est là, exprimant ce qu'il y a de plus beau dans la vie. Elle ne peut que gagner. Pourquoi ne pouvons-nous pas la guérir d'un grand coup d'amour? Notre impuissance nous écrase. C'est un effroyable serrement de coeur, cette dualité du regard. Celui porté sur elle, tellement plein d'amour, d'admiration, d'espoir. Et celui, lucide, porté sur la maladie, avec son cortège d'interrogations noyées d'angoisse. Lou Salomé, nous t'aimons plus que jamais. Plus que nous ne pourrons jamais te le dire. Nous voulons te garder. Suite |
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