Lou Salomé, notre merveille....

Du 11 au 17 novembre 1998 (suite)









Jeudi 12, nous devons théoriquement démarrer la quatrième chimio. Maman prépare les sacs et installe tout son petit monde dans la voiture... qui refuse obstinément de démarrer! Horreur!!! Il faut ressortir le tout, appeler un taxi, redescendre et finalement, poireauter! Saleté de voiture, il va être temps d'en changer. Nous ne pouvons en ce moment nous permettre de conserver une voiture dont on ne sait jamais si elle daignera démarrer, alors que nous sommes susceptibles à tout moment de partir en urgence à l'hôpital.
La Mamoune est toute surprise de nous voir arriver en taxi! Nous retrouvons Hélène avec joie, et surtout avec grande fierté; 80% de réduction de la masse tumorale... nous-mêmes avons encore du mal à y croire! Dans le service, Elisabeth nous explique que nous sommes en phase descendante (les blancs sont à 2300) et qu'on ne peut démarrer une chimio qu'en phase ascendante. En clair, l'effet du Neupogène est en train de disparaître, les blancs chutent et il faut attendre une remontée naturelle. Allons bon, tout ça pour rien? Peut-être samedi alors? De toute façon, il faudra venir pour la numération et une nouvelle échographie cardiaque.

Ce vendredi 13 (!) est donc un jour de repos bienvenu. Nous sommes toujours très contents quand nous pouvons "grappiller" quelques jours sur le programme, nous le vivons comme un cadeau, avec un sentiment accru de liberté. Pour tout dire, c'est un vrai soulagement quand on nous dit: "non, on ne peut pas démarrer aujourd'hui". Et toujours un peu de désespoir le jour où on nous dit que c'est bon...
A Curie au contraire, ils sont plutôt désespérés de ce retard systématique pris sur chaque cure. Ils ont raison, chaque jour de retard est un jour perdu, pendant lequel ces saloperies de petites cellules recommencent à proliférer et à défaire ce qui vient d'être fait. Il s'agit bien d'une course contre la montre où chaque jour, chaque heure compte. Nous le savons bien! Mais nous vivons la bagarre au quotidien, avec son cortège de souffrances, nous sommes fatigués. Alors c'est bel et bien cet incroyable sentiment de liberté qui l'emporte quand nous gagnons (perdons) un jour.



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