Lou Salomé, notre merveille....

Du 5 au 10 novembre 1998 (suite)

Lou Salomé court dans les couloirs et se précipite vers le tobbogan. Papa remarque que les parents de Bilal sont là, ils discutent avec Marie-Thérèse, une liasse de papiers à la main. Nous les voyons de dos. Arrive Martine l'infirmière qui les embrasse. La maman lui dit: "On veut vous remercier pour tout, vous avez tous été formidables". Puis c'est Marie-Thérèse qui les embrasse, leur disant à demain.
Alors Maman questionne Marie-Thérèse après leur départ. -Bilal n'est pas là? Silence consterné. -Il ne va pas bien? Mine encore plus consternée -Il est parti??? -Oui...

Mon Dieu, Bilal... Tu étais pourtant tellement en forme, petit bonhomme, tellement gai, tellement plein de vie, et si aimé de tes parents que nous admirions. Nous ne verrons plus ton joli sourire... Notre joie s'effondre instantanément. Plus de bonnes nouvelles, un mur devant les yeux. Celui de la maladie, de ce monde impitoyable dans lequel nous sommes plongés, où le meilleur côtoie le pire, où rien n'est jamais acquis. Un monde où le mot définitif est rayé du langage, mais pas le mot irrémédiable, un monde où l'on pratique sans arrêt la douche écossaise. Nous sommes effondrés...
Mais nous nous devons à la joie de Lou Salomé, telle est notre vie désormais, sourire en apprenant le pire. Bilal, petit Bilal, nous penserons souvent à toi dans les mois à venir, tant dans le souvenir attendri que dans l'angoisse que nous vivons. Nous ne serons plus jamais pleinement rassurés par les résultats, tu seras toujours dans un coin de notre mémoire, même si parfois cette référence sera enfouie dans un coin de l'inconscient.
Adieu petit Bonhomme.

C'est sans joie aucune que nous nous dirigeons vers la rue Tournefort. Nous sommes sonnés, tant de joie et tant de tristesse à se suivre en quelques secondes... Heureusement Pierre arrive avec sa bonne humeur, ses chansons et son plâtre. Il est enchanté de ces bonnes nouvelles (nous l'informerons en catimini du départ de Bilal un peu plus tard); Lou Salomé aussi est joyeuse. Bien sûr, elle ne connaît que la victoire du jour, elle dessine, joue avec son lapin et dévore une mousse au chocolat. Nous retrouverons Pierre ce soir, pour l'heure, nous nous rendons chez Frédéric, Papa doit y travailler et Lou Salomé pourra se reposer.

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