Lou Salomé, notre merveille....

5 septembre 1998




















Lou Salomé pleure, elle a fait pipi au lit; avec toutes ces perfusions, on fait tout le temps pipi! Le problème, c'est qu'elle a appelé, mais ne sait pas encore sonner, alors maintenant, elle pleure... Elle qui est si propre ne comprend pas. Les puéricultrices la rassurent, changent ses draps, papotent avec elle... Mais??? qui c'est que voilà??? Isabelle, qui a pris le train de nuit et attendait l'heure du réveil (en fanfare!!) Lou Salomé est toute contente et fait très sérieusement les présentations; elle s'installe sur les genoux d'Isabelle qui lui lit des histoires. Et déjà Papa qui vient, Maman suivra bientôt.

Lou Salomé demande à aller sur le pot; elle fait des efforts, pousse et réussit à faire un petit cacou tout dur. Alors, toute contente, elle dit à Maman:
-Ca y est, je suis guérie maintenant, on rentre à la maison, j'ai plus mal au ventre...
-Mais mon petit Bichon, tu sais bien qu'il y a cette boule dans le ventre, qu'il faut d'abord la faire fondre!
-Elle n'est plus là, j'ai senti qu'elle est partie, j'en suis sûre, maintenant je suis guérie...

Mon Dieu, Lou Salomé... Dans ces moments-là, on sent -réellement- le coeur se briser en des milliers de petits morceaux, et que ces morceaux-là, on ne pourra plus jamais les recoller... Echange de regards éperdus entre Maman et Isabelle, chacune d'un côté du pot. Les larmes sont au bord des yeux... Vite, vite, les ravaler, dire qu'il faut terminer la chimio avant de rentrer; mais que de toute façon, il y en aura d'autres, qu'il faut du temps pour faire fondre cette vilaine boule.

Quel sentiment d'impuissance... On voudrait tellement, Lou Salomé, que ce soit déjà fini, que la boule soit vraiment partie dans le pot! Nous nous damnerions pour pouvoir te dire: "c'est vrai, tu es guérie, le cauchemar est fini, on rentre à la maison"... Mais voilà, notre immense amour ne peut rien contre cette saloperie qui t'a envahie; nous pouvons seulement t'aimer infiniment et t'aider de notre mieux. Et t'amener, avec d'infinies précautions, à entrevoir le long chemin qui t'attend, qui nous attend tous les trois. Nous sommes terrassés en songeant à la somme de souffrances à venir -nous n'en sommes qu'au tout début- et à l'extrême difficulté de ce combat long, très long, contre ces petites cellules qui prolifèrent si allègrement. Impuissance... Si seulement nous pouvions te transfuser cet amour vital qui nous lie à toi, alors oui, tu serais très vite guérie.

Nous sommes inquiets: Lou Salomé ne mange rien. Maggy l'infirmière nous conseille d'essayer tout ce qu'elle aime, ce serait déjà ça de pris. Alors nous achetons des bretzels (elle adore) et des chips en forme de frites. Succès mitigé... Par contre, elle ne va pas aimer du tout cette grosse seringue de Lugol qu'elle doit avaler cinq jours de rang pour saturer la thyroïde en vue de la scintigraphie osseuse. Maggy lui dit: "J'y ai goûté, je goûte toujours les médicaments avant de les donner aux enfants: c'est vrai que c'est pas terrible". Pouah! Lou Salomé n'aime pas du tout!! (Par la suite, notre cher pharmacien Tonton K nous le préparera avec de la fleur d'oranger, ça ira beaucoup mieux!)

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