Lou Salomé, notre merveille....

Du 24 au 27 septembre 1998 (suite)

Certaines infirmières sont moins "accros" que d'autres de l'heure exacte du relevé, lui laissant ainsi une petite chance de se reposer. A celles-là qui ont pitié de notre enfant, nous disons merci; la compassion est le plus doux des remèdes dans ce cauchemar que nous vivons.
Au petit matin, nous sommes épuisées. Heureusement qu'on peut faire un câlin dans le lit d'accompagnant! Parfois même Lou Salomé s'y rendort...
Même lorsqu'elle ne vomit plus, elle reste nauséeuse; normal pendant les chimios, il parait même que ça modifie le goût. Lou Salomé n'a pas faim, elle ne mange plus, elle perd du poids.



Vendredi et samedi, c'est Papa qui s'y colle, si heureux de pouvoir dormir avec son petit Bichon! Et puis quand ils sont seuls, il peut lui raconter des histoires de Petit Mouton, mais chut... c'est leur secret, personne ne sait de quoi ça parle! Enfin si, d'un petit mouton!

En ville c'est la foire St Michel (grande foire annuelle à Brest) Papa et Maman y font un petit tour sans entrain, avec à nouveau cette impression d'être des martiens... Comme si désormais il y avait un "dedans" et un "dehors". Ceux du dehors ne savent pas, ils rient, ils discutent, ils sont insouciants. Comme tout le monde, ils se croient à l'abri; ils ne savent pas que nous, qui marchons à côté d'eux, vivons une épreuve inqualifiable; ils ne savent pas que ça pourrait leur tomber dessus d'un jour à l'autre, et qu'alors eux aussi deviendraient des martiens. Ils ne savent rien, ils rient. Nous avons définitivement changé de monde, nous vivons dans une dimension parallèle où les valeurs ne sont plus du tout les mêmes.

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