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Aujourd'hui vendredi 28, Lou Salomé va donc passer son scanner cérébral. C'est bien sûr un jour on ne peut plus important et Papa a posé sa journée, il veut être là. La numération du matin n'est pas terrible, 39000 plaquettes; par contre les blancs remontent: 3500. Allez, on y va petit Bibi. Nous nous imposons, même si nous savons qu'ici ils n'aiment pas ça, nous restons autour d'elle tout le temps de la préparation. Puis Papa sort, il suivra le tout sur les écrans à travers la porte vitrée de la salle technique, Maman enfile le lourd tablier et tient la main de Lou Salomé, lui chantant de douces chansons. C'est long, ils en font des coupes... Nous ne comprenons rien à leur jargon que nous entendons grâce au haut-parleur. Aucun commentaire lorsque nous quittons les lieux. Nous remontons dans le service, les parents sont restés à la maison, Papoune viendra nous voir dans l'après-midi, l'attente commence. En fin de matinée, Maman croise Elisabeth: - Vous avez du nouveau? - Non, je n'ai rien pour le moment, il leur faut le temps d'interpréter. Nous sortons déjeuner rapidement, Papoune arrive, bientôt suivi d'Annie qui a fini son service aux urgences. En début d'après-midi, re-question: - Ca y est, vous avez le compte-rendu? - Non, toujours pas. - Alors je descends le chercher! - Non non, j'y vais. La tension monte... Pourquoi leur faut-il tant de temps cette fois-ci? Elisabeth revient, elle n'est pas très souriante en temps normal, mais là son visage est complètement tendu, exactement comme le premier septembre. - J'ai des mauvaises nouvelles, il faut que je vous parle. Nous pâlissons instantanément. Le temps de prévenir discrètement Papoune et nous la retrouvons dans le bureau de Tonton Le Fur qui ne va pas tarder à nous rejoindre. - Voilà, il y a une atteinte cérébrale importante... Le téléphone sonne, c'est le Docteur Magique, Elisabeth branche le haut-parleur. - Bonjour Madame, bonjour Monsieur, je sais qu'on vient de vous prévenir. Comme vous venez de l'apprendre, le cerveau est atteint. Cela signifie qu'il n'y a plus rien à faire, on arrête tous les traitements. - ..... - Bien sûr nous ferons tout notre possible pour aider Lou Salomé. Papa, en larmes, réussit à parler, Maman est incapable d'ouvrir la bouche. Le couperet est tombé, l'inacceptable vient d'être prononcé... Le calvaire de l'espoir a pris fin, là, à l'instant. - Combien de temps? - On ne sait pas... Quelques jours à quelques semaines, sûrement pas des mois au pluriel... Mon Dieu, Lou Salomé... - Docteur, nous avons déjà eu l'occasion d'en parler, il n'est pas question pour nous de la laisser souffrir. - Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la soulager, nous allons réfléchir dans les jours qui viennent aux soins palliatifs à mettre en place. - ... - Ce que je peux vous promettre, c'est qu'il n'y aura aucun acharnement thérapeutique, Lou Salomé n'ira pas en réanimation, je vous le promets. Je sais que la maman est là, même si elle ne dit rien. Croyez à ma compassion, je suis de tout coeur avec vous, je sais combien ces moments sont difficiles... Maman n'ouvre toujours pas la bouche, elle reste totalement paralysée, on vient de lui arracher le coeur. L'impensable est arrivé, Lou Salomé va mourir, très rapidement... Lou Salomé, ça n'est pas possible, tu ne peux pas partir!!! Dites-nous que ce n'est pas vrai! Mais si, c'est vrai, les mots ont été prononcés, implacables, irrémédiables, Lou Salomé va mourir, c'est fini... On ne sait pas dans combien de temps. Très vite. Mon Dieu comment peut-on supporter une telle douleur? Suite |
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