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Dans l'après-midi, nous recevons un appel d'Elisabeth: "Je vous appelle pour de bonnes nouvelles: LA MOELLE EST SAINE"... Ah bon? Maman reste sur la réserve... On ne va quand même pas nous faire le coup deux fois! Vous êtes sûre? Ce sont les résultats définitifs? Oui oui, les deux types d'analyse sont connus, la moelle est bien saine, c'est sûr, plus de métastases visibles!!! Ouf... un poids énorme, écrasant, tombe enfin... Tu entends ça Bibi, ta moelle est saine, ça marche, tu es en train de gagner, youpi!!!! Allez, tournée de téléphone, rappel des amis, ce soir on fait la fête, la moelle est saine!! Nous sommes très fiers, bien sûr: pourtant la joie n'est pas à son comble, nous avons été trop échaudés par la fausse annonce la fois précédente pour y croire à 100%. Désormais un petit bout de nous doute... Malgré tout, il est clair que les résultats sont excellents! Youpi, petit Bibi, youpi!! - Oui, mais c'est quand qu'on retourne à l'hôpital? - ?????? Mais tu sais bien qu'on est en vacances, mon petit Bichon. Pour le moment, on n'a pas besoin d'aller à l'hôpital, c'est génial, on est tellement bien à la maison! - Oui, on est bien à la maison, mais l'hôpital, c'est bien aussi. Moi je veux retourner à l'hôpital, j'aime bien y aller! - ....... Alors là, les bras nous en tombent... C'est désespérant! Nous sommes tellement heureux d'être tranquilles, et elle, voilà qu'elle voudrait retourner à l'hôpital, c'est le monde à l'envers... En fait, la coquine y trouve un bénéfice (et c'est tant mieux, le contraire serait très dur à vivre), c'est que là-bas, nous dormons avec elle!! Et ce qu'elle dit là fait écho aux crises tous les soirs en ce moment pour se coucher (et c'est tout nouveau). Tout se passe normalement, mais au bout de dix minutes, elle appelle. Alors on relit une histoire, re-bisous, re-câlins, et maintenant dodo, petit Bibi. Une fois, deux fois... Et elle finit par se lever en pleurs: "Maman, je veux dormir avec toi..." S'ensuivent de longues négociations, parfois dans sa chambre, parfois assises sur le palier, mais non petit Bibi, tu dois dormir dans ta chambre. On en parle aussi longtemps que tu veux, on refait des câlins si tu veux, mais c'est dans ta chambre que tu dormiras. Que c'est dur de s'en tenir à cette décision, alors que nous mourons d'envie, évidemment, de dormir avec elle! Seulement nous nous devons d'être dans une optique de guérison. Si nous acceptions, comment ferions-nous plus tard, quand elle sera guérie, pour lui faire réintégrer sa chambre? Dans le même temps, nous savons que Lou Salomé est sage, qu'elle est parfaitement apte à reconnaître le caractère exceptionnel de certaines décisions, mais là c'est de l'exceptionnel qui s'installerait dans la durée, car le bout du chemin est encore très loin. Nous savons aussi qu'il est essentiel, pour l'enfant gravement malade, de conserver des repères et des règles de vie les plus normales possibles. Trop d'exceptions à ces règles ne sauraient que l'inquiéter davantage. Et puis là, dans un coin de notre tête, cette question lancinante: oui, mais si elle devait partir, pourquoi nous priver de ce bonheur-là, de ces nuits si douces à ses côtés, de chaque minute près d'elle... C'est vraiment une décision qui fend le coeur, une décision très difficile à prendre, mais nous savons que nous avons raison. Alors Lou Salomé pleure, c'est un vrai chagrin, et nous le partageons. Nous nous endormons aussi tristes qu'elle. C'est ça aussi, la maladie, ces chagrins du coeur qui se rajoutent au reste... Suite |
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