Lou Salomé, notre merveille....

Du 2 au 16 janvier 1999 (suite)

Déboucher la sonde signifie passer en force, appuyer sur la seringue en créant une pression telle que le bouchon va finir par sauter. Et là, Lou Salomé va nous faire une vraie crise. Elle hurle à n'en plus finir et, pour la première fois, nous crie:

"VOUS ETES FOUS! MAIS VOUS ETES FOUS! ARRETEZ!!"...

Mon Dieu, notre coeur va exploser de chagrin... Tous les visages expriment le désarroi le plus total, ils savent bien tous que si Lou Salomé crie ça, c'est que c'est vraiment devenu intolérable. Et pourtant il n'y a pas d'alternative possible...

Mais comment pouvons-nous supporter ça?? Comment notre corps, notre coeur, résistent-ils?
Pourquoi doit-elle souffrir autant, n'avait-elle pas assez de la maladie et des traitements sans devoir en plus affronter une cystite hématurique aussi grave? Et d'abord, pourquoi cette cystite, finalement nous n'en savons rien! Non, il n'est pas possible de supporter ça, nous nous sentons... détruits. Oui, quelle que chose comme ça. Une vraie fêlure.

Notre Ange s'écroule, terrassée par la douleur et une dose de valium supplémentaire, elle sombre dans un sommeil profond, dont on se doute qu'il n'a rien de serein. Nous ne valons guère mieux, nous sommes au bout... à bout. Et qu'il est dur de se coucher auprès d'elle après tout ça, quand on se sent si honteux de son impuissance, de sa capacité à être un parent qui "protège" son enfant.

C'est là une situation assez indescriptible: on donnerait sa vie pour soulager son enfant, mais ça ne sert à rien!!! On ne peut qu'assister, impuissants, à sa souffrance. Nous nous sentons profondément misérables, à quoi sert d'aimer autant son enfant quand on ne peut rien faire? Et comme cet amour-là devient alors douloureux...

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