Lou Salomé, notre merveille....

6 septembre 1998













Papa écrit aux amis (extraits)



Dimanche 6 septembre, Institut Curie.
A tous ceux qui nous soutiennent.

Lou Salomé, Babeth et moi-même vous remercions de votre soutien, amitié et énergie. Nous en avons besoin.

Vous trouverez ci-joint un texte concernant le cancer de Lou Salomé: NEUROBLASTOME. Sa tumeur est déjà très grosse et il y a des métastases (dans les os et la moelle osseuse) NOUS LA SAUVERONS.

[...]

Tout se fera entre l'Institut Curie et l'Hôpital Morvan. Elle sera très souvent à l'hôpital et un peu à la maison jusqu'au mois de juillet 99.
Voilà pour l'essentiel.

Lou Salomé est magnifique et courageuse. Nous lui avons dit qu'elle a une vilaine boule dans le ventre et que cette boule doit fondre.
L'équipe et l'ambiance de Curie est extraordinaire. Nous avons beaucoup de chance.

[...]

Ce matin, c'est Papa qui part le premier; Maman et Isabelle déjeunent ensemble. C'est bien d'être deux à ce moment-là: pas toujours facile au réveil -forcément douloureux- d'affronter des gens qui vivent la même situation et qui veulent parler d'eux. Notre situation à nous est, évidemment, unique; tout comme notre enfant est unique; ses chances de guérison sont de 0% ou de 100%, nul chiffre intermédiaire qui tienne, nulles statistiques.
Serge part faire son jogging; nous lui demandons d'aller au Jardin du Luxembourg voir "la mamie des balançoires", rencontrée cet été.

Au petit matin, Lou Salomé a à nouveau fait pipi sans pouvoir sonner; elle vit très mal cette humiliation, même si tout est fait autour d'elle pour dédramatiser. Toujours pas de bain, seulement le gant de toilette; toujours pas d'appétit; toujours douloureuse; et encore ce Lugol pas bon à avaler...
Serge revient de son jogging, mission accomplie. Du moins le croit-il! En fait il a rencontré la fille de la mamie des balançoires (même look) qui a fait semblant de connaître Lou Salomé, a écrit un mot et offert des bonbons! "Non, moi je ne mange pas de bonbons, ça donne des caries"! Nous découvrirons la confusion bien plus tard, lors d'un prochain séjour.

Serge est inquiet, il trouve Lou Salomé très dépressive et nous décidons de voir un médecin. C'est le Dr Y qui est de garde ce jour-là; il nous écoute très attentivement et décide de démarrer la morphine peros (par la bouche) toutes les quatre heures. On peut en espérer une amélioration très rapide: ne souffrant plus, l'enfant peut reprendre très vite goût à la vie.
Le Dr Y explique à Serge que nous sommes déjà au courant de tout, et c'est vrai. A Curie comme à Brest, la franchise est de mise, et le Dr Magique a été parfaitement clair. Il en sera toujours ainsi, c'est d'ailleurs la seule façon de pouvoir faire vraiment équipe dans ce combat tripartite (soignants - enfant - parents) Serge n'entendait d'ailleurs pas jouer le rôle de l'inquisiteur; il souhaite s'implement bien s'informer sur l'ampleur de la tumeur et poser des questions auxquelles nous n'avons pas pensé (il y en a forcément beaucoup).C'est lors de cet entretien que le Dr Y nous explique que les retours à la maison seront de courte durée, parfois de l'ordre de la journée. Même s'il ne s'agit que d'une heure ou deux, c'est bon à prendre, nous dit-il, Il ne faut pas craindre que l'enfant refuse ensuite de retourner à l'hôpital; il faudra profiter de chaque heure de liberté.

Papa, Serge et Isabelle vont déjeuner dehors. Lou Salomé accepte d'accompagner Maman dans la salle à manger, mais refuse de quitter sa poussette; elle refuse aussi de manger.
Bilal et ses parents sont là. Bilal veut boire du coca, sa maman lui dit: "montre-moi où est la bouteille". Elle insiste, insiste encore, jusqu'à ce qu'un petit doigt pointe victorieusement dans la bonne direction. Tu l'as bien gagné, Bilal, ton verre de coca! Un peu plus tard elle le serre dans ses bras et lui dit: "Dis-moi que tu m'aimes... dis-moi que tu m'aimes..."



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