DONATION LOU SALOMÉ

Association d’aide aux enfants atteints de cancer ou gravement malades


Un instituteur en moins à l’hôpital

OUEST-FRANCE, avril 2003

Au CHU de Brest, la Donation Lou Salomé a pour but de venir en aide aux enfants atteints de cancer ou gravement malades. Elle fait part de sa "stupéfaction" à l’annonce de la suppression de l’un des deux postes d’instituteurs de l’école hospitalière.

Dévoilée au mois de février par l’inspecteur d’académie, la carte scolaire 2003-2004 prévoit la suppression d’un des deux postes d’instituteurs à l’école de pédiatrie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest, qui scolarise les enfants malades de 2 à 16 ans. Cette mesure a suscité la "stupéfaction" de la Donation Lou Salomé qui a décidé de réagir en envoyant un courrier à l’inspecteur d’académie, Jean-Louis Robert. Dans ce texte, Babeth Becker, responsable de l’association, explique les raisons pour lesquelles "il semble inconcevable qu’un seul instituteur puisse prendre en charge la totalité des enfants concernés par la maladie". Après avoir relevé la dispersion géographique des élèves au sein de l’hôpital Morvan et de celui de la Cavale Blanche, Mme Becker souligne que des raisons médicales s’opposent à ce qu’une seule et même personne s’occupe des enfants hospitalisés, compte-tenu de la diversité des pathologies. Certains enfants sont porteurs de maladies contagieuses, alors que d’autres, victimes d’une défaillance de leur système immunitaire, doivent séjourner dans un environnement rigoureusement stérile. "Une seule personne ne peut se permettre de passer d’une chambre à l’autre, écrit Mme Becker. On n’a pas le droit de faire courir le risque d’infections nosocomiales (1) à des enfants qui, par ailleurs, se battent pour leur survie et pour qui le moindre germe peut être fatal." Mme Becker relève aussi la diversité d’âge des enfants hospitalisés en pédiatrie. "D’où un suivi scolaire d’une grande complexité (...) Une seule et même personne ne pourra s’occuper de tous, ce qui veut dire que les plus grands et les plus petits seront sacrifiés." Enfin, Mme Becker note que la suppression d’un des deux postes d’instituteurs signifierait la fermeture de la salle de classe qui fonctionne actuellement. "Ces enfants vivent des histoires très dures, ils ont besoin de repères pour y faire face. L’école en est un."

D’autres démarches

La Donation Lou Salomé n’a pas été la seule à se préoccuper du devenir de l’école de pédiatrie du CHU. Des démarches demandant à l’inspecteur d’académie de revoir le dossier ont été effectuées par le professeur Berthou, chef du service d’hématologie, des parents d’enfants malades, l’adjoint au maire de Brest, Alain Jouis, ainsi que l’un des enseignants de l’école de pédiatrie. Inspecteur d’académie adjoint, chargé du premier degré, Raymond Hisiger confirme qu’une décision de "retrait de poste" (donc de suppression) a bien été prise par le Conseil départemental de l’Education nationale (CDEN), suite à une visite d’inspection concluant à l’absence de "service effectif". Cependant, l’inspection d’académie n’a pas forcément clos le dossier. Ainsi, elle se déclare prête à organiser une rencontre entre l’inspecteur et le professeur Berthou, suite au courrier que celui-ci a envoyé. "Le professeur Berthou a mentionné des arguments qui ne se croisent pas avec ceux de l’inspecteur", note M. Hisiger. Même si le CDEN a pris une décision de retrait, l’inspecteur d’académie adjoint indique aussi qu’une évolution de la situation reste possible "dans le cadre des ajustements de rentrée". On saura donc de manière définitive au mois de septembre si l’école de pédiatrie du CHU perd ou non l’un de ses deux postes d’instituteurs. Ce qui laisse un peu de temps aux discussions...

Olivier MELENNEC

(1) Les maladies nosocomiales sont celles contractées par des patients durant leur séjour en milieu hospitalier.




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