DONATION LOU SALOMÉ

Association d’aide aux enfants atteints de cancer ou gravement malades


Mamoune-1

Mamoune est la grand-mère de Lou Salomé

Lou Salomé, ma petite fille en or, Je viens te remercier : te dire 2 fois MERCI.


Le 1er, pour ces 4 ans et 1 mois de ta vie partagée avec moi dans une relation de petite fille / grand-mère maternelle, qui s'est approfondie au fur et à mesure d'une amitié intense et douce, que je n'imaginais pas.

Ta beauté dans tous les domaines : la grâce de ton corps dansant ou chantant, la merveille de tes yeux bleus et la limpidité de ton regard, la finesse et la logique de ton intelligence, la générosité et l'intuition de ton coeur, le courage extrême de cette année de soins, font de toi une petite fille merveilleuse.

Tu développes en moi l'admiration, cette capacité de se quitter soi-même, pour contempler l'autre dans sa beauté. C'est comme cela que je t'appelais en arrivant chez toi : " Bonjour Lou Salomé, ma beauté ! " et tu me répondais dans un élan de tendresse : " Bonjour Mamoune "- parfois tu ajoutais avec un sourire : " Ma Mamoune préférée ! ".
Combien de fois ai-je dit à Babeth, ta maman, en te regardant dans votre jardin : "Elle me fait penser à l'admiration de Clément Marot :"

" Dieu qu'il fait bon la regarder ... . "


L'amitié, elle, s'est construite peu à peu, au cours de nos regards, de nos sourires et de nos conversations toujours étonnantes dans leur poésie et la construction des phrases, dépassant de loin les paroles d'une petite fille de 2 ou 3 ans.

Cet échange, ce don que tu faisais de la pensée profonde, unissait l'essentiel entre nous, en allant droit au but, au meilleur de nous-même. Quelle amitié rare à ton âge, sautant joyeusement les années qui nous séparent.

Mon second merci, Lou Salomé, mon amour doré, est un hommage à tout ce que tu m'as appris pour vivre vraiment. J'en citerai 2 exemples :

Le 1er est une certitude que ton Papa t'a apprise très tôt :

" Il faut toujours partager. "


Même sur ton lit d'hôpital, tu partageais les crêpes faites par la maman de Néhémie, en petite parcelles pour ceux qui étaient présents près de toi : symbole du pain partagé, que je ressentais comme un don universel.

Le 2ème exemple, appris de ta Maman, dans son attitude aussi bien que dans ses paroles, se tient en trois mots :

" Tout de même ! "


Ceux qui te connaissent comprennent ce que je voudrais exprimer. Tu allais jusqu'au bout des choses, de ce que tu faisais ou disais, avec un souci de perfection et une ténacité rares chez une enfant si jeune.

Par exemple, un jour où nous cherchions le livre d'histoires que tu voulais, nous penchant toutes les deux sur ta caisse de livres - toi avec grâce et moi difficilement - je me relevais en disant : " Ce sera pour demain. " et tu répondais aussitôt : " Oh non ! tout de même, on peut chercher encore ! "

J'ai attendu, et après quelques minutes, tu as sorti de sa boite le livre choisi, en disant : " Tu vois, Mamoune, quand on fait " Quand même ", on arrive ! " Leçon de persévérance et de confiance, que j'ai aussitôt essayé de suivre dans ma vie à Brest - et qui était récompensée chaque fois par une réussite après cet effort.

A toi, si jeune, reviennent ces vers de RILKE :

Mais elle allait entre tous,
petite comme elle était,
elle s'échappait de toutes les mains,
vers sa destinée qui était déjà prête,
plus haut que cette voûte,
plus lourde que ce temple.


Je m'adresse maintenant à tes parents bien-aimés, Babeth et Claude, qui ont participé à la beauté et au courage de ta courte vie, avec ces mots également du poète Rainer Maria RILKE.

Maintenant, ma détresse est à son comble,
et indicible, m'emplit.
je suis glacé, comme est le coeur de la pierre.
Je ne sais qu'une chose : tu as grandi.
Comme une douleur trop grande,
De toutes parts, tu débordes
La mesure de mon coeur.
Maintenant te voici étendu sur mes genoux,
Maintenant je ne puis plus te donner le jour.


Lou Salomé, mon amour doré, comme je t'appelle, tu veux " Tout de même " que la vie continue.
Merci pour ton rayonnement qui vit de manière invisible et réelle dès maintenant. Petite fille lumineuse, tu nous accompagnes dans l'Amour infini, un peu comme le Petit Prince.

Je laisse à un autre poète le soin de terminer mon témoignage ému. Il s'appelle Thomas ELLIOT ; l'on dirait qu'il a écrit pour toi ces paroles :

Si tu peux être comme une étoile dans le ciel,
Sois une étoile dans le ciel.
Si tu ne peux être une étoile,
Sois le feu sur la montagne.
Si tu ne peux être le feu sur la montagne,
Sois la lampe dans la maison.


Lou Salomé, ma petite fille bien-aimée, tu as été pendant 4 ans et 1 mois, la lampe dans votre maison. Tu as acquis d'être maintenant, " Une étoile dans le ciel. "

Mamoune, le 10 juillet 1999



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